
À la rencontre de Théo Azzeras
Je m’appelle Théo (@theoazzeras), je suis né à Paris mais j’ai grandi en Charente-Maritime. J’habite à Paris depuis 2013 et je me suis mis sérieusement à la photo en 2019. Je partage mon temps entre réalisation, écriture de scénarios et photographie.
L’envie de faire de la photographie est passée plutôt par l'envie d'immortaliser des souvenirs personnels. Quand je suis venu vivre à Paris, la ville m’a beaucoup inspiré. J’ai tout de suite aimé prendre des photos de rue à la volée au smartphone. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, j’ai commencé par poster mes clichés favoris.
Trois ans plus tard, j'ai récupéré l'Olympus de mon grand-père après son décès. Je me souviens lorsque je l’ai trouvé, l’appareil traînait en parfait état dans un placard. Vu que le processus était plus complexe dû au fait que ce soit un appareil à pellicule, l'envie de comprendre, de faire des tests et donc d'expérimenter était plus présente et satisfaisante.
Été 2020, j'ai beaucoup photographié avec, j'ai passé du temps avec des amis dans différents endroits donc c'était plutôt de la photo sur le vif. Il y avait de belles choses, des jolis souvenirs, de belles couleurs et c'est ce qui m'a donné envie de continuer. C'est toujours plus agréable dans un processus d'avoir de bons résultats. Ensuite j'ai commencé à me tester sur du portrait pour voir si j'arrivais à retranscrire ce que j'avais en tête, depuis je continue.
J'ai un Canon un peu plus récent avec un autofocus, pratique dans certaines conditions. J’ai aussi quelques appareils compacts avec flash, dont un Leica C1 avec une bonne optique. Je viens aussi d'acquérir mon premier moyen-format, un Mamiya 645, que je vais pouvoir tester. C'est encore un autre monde. Pour faire très simple : la pellicule et le capteur sont plus "grands".
Quand j’étais petit et comme beaucoup d’enfants de mon âge, j’aimais bien avoir un appareil jetable quand je partais en colo et je pense qu’ inconsciemment, vu qu’on avait un nombre de clics limités, on faisait attention à ne pas gâcher. Tu aimais recevoir ta pochette et voir ce qui te plaisait ou non. C’était comme un cadeau. Maintenant quand je reçois mes scans du labo c’est exactement pareil et ça me plait. L’activité que j’ai en photo me permet de choisir comment je veux shooter, je n’ai pas trop de contraintes à part mon exigence personnelle.
À cette période où la technologie peut faire beaucoup de choses pour nous, se rapprocher de quelque chose d'artisanal avec une part d'imprévu me plaît bien. La satisfaction de découvrir des images réussies est d'autant plus forte, même les petites imperfections font partie du truc. Le rapport au temps est un peu différent aussi, je suis plus concentré dans mon travail et la composition. Ça me demande un temps de préparation et de réflexion au préalable que j'aime bien. Récemment, j’ai essayé le tirage sur papier photo en labo, encore un nouvel apprentissage, ce qui conforte le fait que j'aime tout dans ce processus, et non pas que le résultat.
Si l'on doit parler d'inspirations, je pense qu'on est souvent inspiré lorsqu'on découvre des nouveaux endroits et lorsqu'on a la chance de voyager. Le voyage a été un élément déclencheur d'envie, pour sûr. En 2013, je suis parti en Amérique du Sud pendant plusieurs semaines avec un petit numérique et je pense que c'est la première fois que j'ai ressenti un vrai plaisir à photographier : les rues, les gens, les animaux. En 2018, j'ai passé un mois en Asie et là j'ai beaucoup photographié aussi, les gens principalement, juste à l'iPhone, et ça m'a plu parce que c'était aussi un moyen de communiquer. Même quand tu changes de région en France, c'est inspirant.
J’ai des artistes qui m’inspirent. Il y en a beaucoup, difficile de choisir, surtout maintenant où même sur Insta tu peux voir des gens qui font des choses magnifiques et novatrices. Je n'ai pas vraiment de Top 3 ou de liste. J’aime beaucoup le travail de Steve McCurry pour sa faculté à capter une émotion, un moment de vie, tout en composant de façon exceptionnelle en photo reportage.
J’aime également le travail de David Lachapelle qui met en place des gros concepts parfois exubérants qui sortent complètement du réel, mais qui impriment la rétine de façon différente, avec des paillettes. Même si ce que je fais n'est pas très proche du deuxième exemple, ça me parle et ce sont des envies que je peux avoir. Après, il y a le cinéma bien sûr qui me passionne, et la photo me fait redécouvrir des choses différemment. Elle pousse l'envie de savoir quel chef opérateur (la personne qui gère la lumière et le cadrage) a travaillé sur tel projet et comment il a réussi ses compositions.
Si je parle de la photo de mode, de plateau, de rue… je compose de manière différente. Je ne vais pas aborder les choses de la même manière si c'est un shooting pour du prêt-à-porter ou des photos de plateau de tournage. Les photos de plateau, c'est un bon exemple. Selon le style de film, je vais essayer de faire une proposition qui colle au projet. Si je le peux, je n'hésiterais pas à mettre en scène des choses pour servir le propos.
En photo ou en vidéo, ça me plait de travailler sur un concept très léché et classe autant que sur quelque chose de plus brut ou organique. Il faudra juste plonger à fond dans un univers et choisir comment le retranscrire. De façon plus générale et personnelle, j'ai tendance à préférer la lumière naturelle et des focales qui ne déforment pas trop. J’aime la couleur autant que le noir et blanc, cela dépend du contexte.
“ Le souvenir d'enfance de la molette de l’appareil qui tourne, c’est quelque chose quand même…”
Une promenade en bords de Seine dans un village près de Giverny, un champ rempli de pissenlits au printemps et juste l'envie de courir dedans et d'en souffler quelques-uns. Dès que j'ai vu cet endroit et ce qu'il nous a procuré, je savais que c'était un moment spécial. Simple mais marquant. J'ai un attachement avec cette série pour différentes raisons.
C'est un magazine qui met en avant la romance, donc ça me semble opportun de raconter que j'ai fini cette pellicule en faisant un shooting dans un parc à Paris avec une modèle qui est devenue ma copine quelques mois plus tard, ma partenaire. Cette pellicule est chargée en différentes émotions. Là encore, le support physique est intéressant. La chance d'avoir mes négatifs dans un classeur, de pouvoir les regarder et de faire des tirages si je le souhaite me plait beaucoup.
“L'envie d'immortaliser un moment. Ce sont des photos très personnelles, familiales.”